Les premières lignes

Préface d'Annette Igert-Drouin

C'est sous le pseudonyme d'Arwid Fax, comme le nom de son héros, que ce roman parait en 1938. Son auteur, Maurice Igert, âgé de trente cinq ans, était médecin neuro-psychiatre. Il s'était marié en 1925, avec Hélène Loiseau, en l'église de Soorts et avait trois enfants - dont moi-même, la dernière de ses filles. Nos grands-parents maternels venaient pour leurs vacances à Hossegor depuis 1911 ; ils ont fait construire en 1925 une maison au bord du lac, sur la rive Est. C'est là que notre père a écrit en partie cette mystérieuse histoire italienne.

Si aujourd'hui je me décide à faire rééditer ce livre, avec l'accord chaleureux et la participation effective de mon frère Claude Igert et de ma soeur Françoise Palmaro, c'est que des circonstances m'ont poussée à en parler à Eric Gildard, président de l'Association littéraire des Amis du lac, qui m'a aussitôt proposé son concours.

L'une des raisons de cette publication, outre le fait que j'avais été impressionnée par les qualités de ce roman, est le souvenir de la dédicace que mon père m'avait écrite peu avant sa mort et qui révélait l'importance qu'il accordait encore à son "péché de jeunesse" comme il le disait modestement. Sa volonté de le transmettre à moi-même, à mes enfants, petits-enfants et leur descendance, j'ai enfin l'occasion de la réaliser avec les Editions Lac et lande.

Par un curieux hasard, mon fils Olivier s'est souvenu d'une lecture faite en 1974 d'un numéro de la revue "Planète" relatant le fait historique mentionné dans le livre. Cela nous a permis de retrouver le nom véritable de la Comtesse Vandi puis le document d'origine en anglais du 18ème siècle, grâce à mon autre fils Christian.

Relisant, cette fois dans la perspective d'une nouvelle édition, ce roman que j'avais découvert à l'adolescence et parcouru d'une traite, puis repris ensuite à plusieurs occasions toujours avec un intérêt renouvelé, d'autres aspects me sont apparus : derrière l'intrigue policière et historique, très bien documentée, une étude approfondie de la psychologie de l'héroïne dévoilant, sous des apparences attrayantes, une dangereuse tendance à vivre dans le passé ; tout est contrasté, contradictoire, dans les sentiments comme dans les paysages. Enfin, l'influence du climat, des vestiges historiques imprégnés encore de l'alchimie, prospère au 17ème siècle, tout contribue à créer une atmosphère envoûtante.

J'ai le grand regret de n'avoir pas interrogé mon père sur l'élaboration de son livre. Mais j'ai sans doute obéi au souci de préserver le mystère vivant de son oeuvre. Il m'a simplement confié, dans sa dédicace, qu'il avait pris son ancien patron de l'hôpital psychiatrique, où il avait débuté jeune interne, près de Toulouse, comme modèle du Dr Jacobsen. Ses deux héroïnes représentaient également les deux images féminines qui l'habitaient, "l'une vivante, l'autre fatale".

En l'évoquant, je pense à toutes ces années où j'ai été proche de lui, à sa forte personnalité chaleureuse, gaie et surtout à sa grande curiosité pour les profondeurs cachées dans l'âme humaine.

Je sais, par de nombreux témoignages, qu'il a beaucoup marqué, par sa présence simple et attentive aux autres, ceux qui l'ont connu et aimé.
    La présentation de l'éditeur

A quelle étrange et dangereuse fascination la belle Comtesse italienne dont les comportements inquiètent son entourage, obéit-elle ? Et le jeune médecin psychiatre envoyé auprès d'elle pourra-t-il l'en guérir ?

Ce roman policier publié en 1938 est fondé sur un fait réel relaté dans un document authentique du 18ème siècle, dont l'énigme reste inexpliquée.

L'auteur de cette aventure à la fois historique, psychologique et initiatique, était lui-même, comme son héros, médecin psychiatre. Sa carrière, militaire d'abord, le conduit au Maroc en 1938. Pendant la guerre, il participe à la campagne d'Italie avec l'armée d'Afrique du nord. Après sa retraite de l'armée, il exerce sa profession de psychiatre et psychanalyste à Casablanca.

Revenu en France, à Bordeaux, en 1960, il peut profiter davantage de ses séjours à Hossegor où il venait depuis son mariage en 1925 et où il fut enterré en 1990.

Il fait partie, à ce titre, du riche éventail des «Ecrivains d'Hossegor».

Le maléfice des ruines - Arwid Fax - Editions Lac et lande
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Le maléfice des ruines - Arwid Fax
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